Orgues à Poitiers « François-Henri Clicquot »

Orgues à Poitiers
« François-Henri Clicquot »

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Georges Wenner, le Cavaillé-Coll d'Aquitaine

Auteur d'instruments magnifiques, Georges Wenner reste un facteur trop peu connu du grand public. Il est pourtant l'une des grandes figures de la facture d'orgue de la seconde moitié du XIXème siècle.

 

Apprentissage

Georges Wenner est né à Bouzonville (Meurthe et Moselle) le 17 juin 1819 de parents allemands immigrés en Alsace.

 

Il commence  son apprentissage de facteur d’orgues en Alsace chez les Callinet à Rouffach. On le retrouve en 1833 chez JohnAbbey chez qui il poursuit sa formation.

 

En 1839, il est embauché à Paris chez Daublaine et Callinet. Il y rencontre son futur associé, Jacob Götty, fils d’un facteur d’orgues suisse. Le 16 décembre 1844, l’incendie de l’orgue de Saint-Eustache entraîne la ruine de la maison Daublaine et Callinet, reprise par Ducroquet. Les conditions salariales ayant été dévalorisées par Ducroquet, Georges Wenner retourne chez Abbey en 1845 et y reste jusqu’en 1847.

 

La Maison Wenner et Götty

En 1847, Georges Wenner décide de s’associer à Jacob Götty pour fonder en 1848 la maison Georges Wenner et Jacob Götty. La manufacture s'installe à Bordeaux, ville particulièrement mal pourvue en orgues à cette époque.

 

Dès 1849, la maison Wenner et Götty produit son premier instrument pour l'église Saint-Nicolas des Graves à Bordeaux. Après le succès  de la réception de l'orgue et de son inauguration, les deux associés sont chaleureusement félicités. Parmi les instruments les plus remarquables que construit cette maison, on peut noter l'orgue de Saint-Paul Saint-François Xavier à Bordeaux en 1850, l'orgue de Saint-André de Bayonne en 1863, et l'orgue de la cathédrale de Lescar en 1869.

 

 

La Manufacture de Grandes Orgues Wenner

Jacob Götty meurt en 1872. Georges Wenner dirige alors seul la Manufacture de Grandes Orgues Wenner, sise aux numéros 89 et 91 de la rue Leberthon. On compte en 1875 un total de 110 instruments neufs sortis des ateliers bordelais, comme l’indique le papier à en-tête de l’entreprise.

 

En 1877, Georges Wenner est nommé Chevalier de l'Ordre Pontifical de Saint-Sylvestre.

 

 

Une production impressionnante

Le papier à en-tête de Gaston Maille, successeur de Georges Wenner, donne des précisions sur les orgues construits par la Manufacture Wenner depuis sa fondation jusqu’en novembre 1881. On y recense 145 orgues neufs, dont  les principaux instruments construits par la maison sont nommément cités : cathédrale Saint-André de Bordeaux, églises Saint-Louis-des-Chartrons (1880), Saint-Paul, Saint-Ferdinand, Saint-Nicolas, Saint-Eloi, Sainte-Croix, de Bordeaux, églises Saint-Martin de Pau, Saint-Pierre de Limoges, Saint-André de Bayonne, Saint-Jean de Luz, Saint-Pierre de Lescas et Saint-Martial de Montmorillon.

 

Bien que vraisemblablement déjà vendu sur le papier à cette époque-là, l’orgue de Saint-Hilaire de Poitiers n’est pas mentionné sur la liste. En effet, en raison de modifications devant être apportées à la tribune, l’orgue ne pourra y être installé qu’en 1884.

 

Il apparaît donc que de 1875 à 1881, la manufactures d’orgues de Georges Wenner a produit 35 orgues neufs de notable dimension, soit pratiquement six par an.

 

En plus de ces grands instruments d’une vingtaine de jeux ou plus, la maison Wenner a construits de nombreux orgues de petites dimensions dans tout le sud-ouest. On a quelque idée de ces instruments au regard des orgues de chœur signés Wenner qui subsistent encore dans quelques unes des grandes églises de Bordeaux.

 

Ouvriers et employés

Parmi les employés les plus connus de la maison Wenner, outre le contremaître Gaston Maille, figurent Philibert Ferlet, tuyautier, qui a marqué son passage à deux reprises par des inscriptions laissées dans l’orgue de Poitiers, et Michel Roger, harmoniste, qui a également travaillé à Poitiers. Michel Roger restera quelque temps au service de Gaston Maille avant de fonder sa propre entreprise à Bordeaux. Sur le tuyau du premier Ut du jeu de Voix Humaine de l’orgue de Montmorillon se trouve gravé un portrait d’homme à barbichette, accompagné de l’inscription suivante : « véritable portrait de l’harmoniste Michel Roger, élève de Cavaillé-Coll ».

 

 

Succession et devenir de la Manufacture

Le 1er Janvier 1882, Georges Wenner cède son entreprise à son contremaître Gaston Maille qui la dirigera jusqu'en 1925. Les derniers orgues négociés et construits durant l’activité professionnelle de Georges Wenner seront finalement montés en leur lieu de destination par Gaston Maille. C’est le cas des orgues de Saint-Martial de Montmorillon et de Saint-Hilaire de Poitiers.Gaston Maille revendra alors son entreprise à Brun et Binetti, lesquels iront poursuivre leur activité à Poitiers. A la mort de Binetti en 1927, son ouvrier Robert Boisseau reprend à son compte la manufacture d’orgues poitevine.

 

 

Georges Wenner décède à Bordeaux le 28 janvier 1885.